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Quand travailler tue…

mercredi 9 octobre 2019, par Arnaud Munsch, FSU89

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3 octobre 2019, des centaines d’hommages sont rendus dans toute la France, des écoles sont fermées, des collègues sont en grève. « Ne les laissez pas salir mon nom » avait écrit Christine Renon dans sa lettre juste avant de mettre fin à ses jours dans son école…
Salir, ils l’ont fait très vite dès que la lettre a fait le tour des réseaux sociaux en glaçant ses lecteurs… Ils affirment n’être responsables de rien… Pourtant, c’est bien eux qui cassent l’école et brisent les enseignants.

Un an après le hashtag « pas de vagues » dénonçant des conditions d’enseignements de plus en plus difficiles, l’école est toujours malade, plus que jamais. Ce drame nous le rappelle et doit nous faire poser des questions mais surtout doit leur faire apporter des réponses !!

Malheureusement, ce mal être au travail existe dans toute la société et est le fruit d’une idéologie libérale et capitaliste destructrice. Sa dernière invention, le néo-management qui peut s’apparenter à ce titre d’un livre de la FSU « pourquoi joindre l’inutile au désagréable ? ». Perte de sens, conditions de plus en plus stressantes, aller au travail à reculons devient de plus en plus fréquents. La dernière pièce du puzzle est bientôt en place avec la fin annoncée des CHSCT (comité hygiène, sécurité et conditions de travail) où la FSU et les autres syndicats se battent pour les faire vivre et qu’ils soient efficaces malgré la mauvaise volonté des administrations. Maintenant, on ne se contente plus de savonner la planche, on supprime. La méthode est de plus en plus brutale et en dit long sur l’état du dialogue social.

La philosophie de Macron et ses copains considère le travail comme un synonyme de production ! Il faut produire pour être utile et être un « premier de cordée ». Faire du chiffre à tout prix peu importe les conséquences. La valeur « travail » est martelée par le gouvernement, le travail, le saint travail mais les travailleurs ? Quoi les travailleurs ? Peu importe les travailleurs. Ils ont un emploi c’est déjà bien. Dans son show à Rodez où il présentait la future réforme des retraites, Macron ne masquait pas sa déconnection avec les travailleurs justement : « je n’adore pas le terme pénibilité, cela laisserait entendre que le travail serait pénible ». La boucle est bouclée, travailler c’est génial, faites en encore plus et interdit de vous plaindre : « produis et tais-toi »

Des travailleurs broyés, des chômeurs méprisés et insultés par la réforme de l’assurance chômage et que dire des jeunes ? Que dire aux jeunes nous, enseignants, qui les accompagnons dans leur orientation ? Pas simple pour eux de se projeter dans le monde du travail dans ces conditions et plus généralement vers un futur incertain, celui du dérèglement climatique et de la disparition des espèces. D’ailleurs, beaucoup ne s’y trompent pas et participent aux grèves et aux manifestations pour le climat avec, à l’esprit, les responsables : ceux qui ont poussé à produire toujours plus, ceux qui poussent à la croissance et ceux qui veulent que l’on travaille encore et toujours plus longtemps, toujours plus vieux. L’esprit de la réforme des retraites vient compléter le mépris que le gouvernement a des gens qui ne sont plus « actifs ».

Alors que faire maintenant ? Faire grève, manifester encore et toujours notre refus de ce monde là. Le 5 décembre 2019 sera une date importante et elle sera suivie de beaucoup d’autres. Nous dirons non à cette réforme des retraites et plus généralement à l’idéologie que nous devons combattre qui détruit les individus, le collectif et la planète. Et là, oui, il y a du travail mais celui là a du sens, il est collectif et nous gagnerons.

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