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650 retraités dans les rues d’Auxerre

Du jamais vu qui montre le degré d’exaspération des retraités

vendredi 16 mars 2018, par Eric APFFEL

Retraites

650 retraités (chiffre de la police) en manifestation, à Auxerre, on n’avait jamais vu ça. C’est trois fois plus que lors des derniers rassemblements. La colère gronde donc vraiment et s’est amplifié lorsqu’on a reçu, concrètement, la pension de janvier avec, pour la première fois, une baisse du revenu net !
Ceci dans un contexte de gel des pensions depuis de nombreuses années !

Ci-dessous, le texte prononcé lors du rassemblement.

Le contexte est connu et reconnu par tous : sociologues, économistes, politiques… la hausse de la CSG de 1,7 point au premier janvier s’est traduite par une coupe sombre sans précédent du pouvoir d’achat. Cette ponction fait suite à des mesures multiples : gel des pensions, fiscalité, taxes qui appauvrissent les retraité-e-s et conduisent à leur paupérisation.
Quant aux 4 millions de retraités exonérés de CSG, ils sont maintenus dans des difficultés de vie extrêmes et indignes.

Ce ne sont pas les très hauts salaires ni les actionnaires qui sont dans le collimateur et appelés à plus de solidarité. Ce sont les retraités percevant plus de 1 200 € par mois. C’est nous tous, ici, les prétendus « aisés ou nantis ». Nous sommes appelés à des efforts sans que le patronat ne mette la main à la poche. C’est inacceptable ! C’est une provocation !

Et le Président de la République, comme plusieurs de ses ministres, refuse de nous rencontrer : il persiste à nous mépriser, nous qui représentons 25% de la population.

Nous, les retraités, sommes en colère, à juste titre. Ces derniers jours, les médias de toute nature donnent un large écho de cette colère. Elle montre les conséquences de la hausse de la CSG, les pertes de notre pouvoir d’achat.

Alors nous continuerons ! Nous multiplierons les initiatives locales, départementales… spectaculaires, médiatiques... Et nous continuerons à nous adresser à Emmanuel Macron. Nous ne lâcherons pas. Notre but : amener le gouvernement à enfin modifier ses orientations budgétaires... Et idéologiques.

Car idéologie il y a , idéologie et choix de société.

Quelle société voulons-nous construire ? Et dans cette société, quel rôle et quel statut voulons-nous donner aux retraités. Là est l’enjeu, là est la grande différence entre le macronisme et nous.

Que voit-on ? Qu’entend-on aujourd’hui de plus en plus ?

  1. On entend que les retraités sont des nantis... On parle de leurs privilèges, de leurs croisières, de leur patrimoine.... Mais on parle bien plus rarement des retraités pauvres, pourtant bien nombreux, notamment les femmes...
  1. On entend qu’une génération, celle du baby-boom, a tout pris et en a profité. Comme si nous n’avions pas relevé ce pays, travaillé durement, créé les bases sociales et économiques de notre pays.
  1. On entend que les retraités sont sommés de participer à une solidarité intergénérationnelle... solidarité curieusement inversée, puisque dans un système par répartition comme le notre, l’activité finance les pensions et pas l’inverse... et on nous taxe, ici par la CASA à 0,3 %, là par une hausse de 25 % du montant de la CSG, plus globalement par toutes les taxes qui augmentent en ce début d’année...

Et au nom de l’allongement de la vie, on tente d’opposer jeunes et retraités. Se développe ainsi l’idée, fausse, d’une lutte des âges : les jeunes contre les vieux.
On réduit de fait les retraités à leur condition biologique de personnes âgées, en niant au passage leur statut social de salariés en retraite.

Ce qui est derrière une telle attitude de la part de nos gouvernants, c’est un refus de considérer la retraite comme un droit mais plutôt comme une aide sociale, à la discrétion de l’Etat. C’est la volonté de substituer le terme « vieux » à celui de « retraité ».

Et d’ailleurs, aucun ministère n’est dédié aux retraités, aucun membre du gouvernement n’a en charge la relation avec le quart de la population !
Tout cela est idéologique ! Dans le capitalisme financiarisé et mondialisé, quelle classe dominante est prête à reconnaître que la retraite d’un salarié est une rémunération continuée du travail, un salaire différé, et à en tirer les conséquences en matière de financement des pensions ? Aucune. Et il faut nous battre pour maintenir cette idée vivante : elle est essentielle, vitale pour nous.

Et Cela se traduit aujourd’hui par le fait qu’un salarié sur dix, déjà, et le nombre croit régulièrement, sous pression de campagnes médiatiques qui visent à affoler la population, se constitue une retraite supplémentaire, et paie en quelque sorte deux fois pour un maintien convenable de son niveau de vie une fois à la retraite.

Alors on en est là :

  • D’un côté un accroissement des richesses : avec des chiffres qui donnent le tournis (93 000 000 000 euros pour les bénéfices du CAC 40 en 2017). Accroissement des richesses dont 82% a, en 2017, profité à 1% de la population.
  • Et d’un autre côté, ce que tout le monde reconnaît (COR y compris) : des retraités dont le pouvoir d’achat des pensions continue de baisser régulièrement mais sûrement et continuera de baisser faute d’indexation à la fois sur les prix et surtout sur les salaires.

Alors, NON ! Les retraités ne sont ni des nantis, ni des assistés. Les retraités sont des citoyens à part entière. Des citoyens qui exigent la garantie de leur place et de leur statut d’anciens salariés et à ce titre le maintien et la progression de leur pouvoir d’achat. Ce 15 mars est la hauteur de notre colère. Et nous disons fermement au gouvernement qu’oublier ses retraités n’est pas de bon augure du tout pour l’avenir de notre société et qu’il a intérêt à entendre notre colère.

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