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Autonomie, solidarité, où va-t-on ?

La CSG, le double scandale de la CASA...

mercredi 31 janvier 2018, par Eric APFFEL

Retraites

Les EHPAD étaient en grève hier avec le soutien des usagers et de la FSU, le moment de revenir sur le dossier du droit à l’autonomie, de rétablir certaines vérités et de relativiser les propos de la ministre. Le problème des EHPAD doit être regardé dans le contexte générale des systèmes de solidarités français.

Autonomie et dépendance

À la FSU, nous n’aimons pas ce mot de dépendance, surtout quand ce serait un état qui arriverait avec l’âge où le handicap. En fait, tout le monde est dépendant de sa naissance à sa mort. On dépend de ses parents, de son travail, du travail des autres, des services publics, du système de santé, des prestations sociales... En un mot, de tout ce qui fait la solidarité de la civilisation.

Nous préférons parler de l’autonomie des personnes et de sa préservation, grâce à la solidarité de tous. La solidarité est (était ?) très développé en France, notamment depuis la deuxième guerre mondiale et l’héritage du Conseil National de la Résistance, .

La solidarité, c’est ce qui permet à chacun d’avoir une certaine autonomie dans la vie, (toute sa vie !), les aides s’ajustant aux besoins de chacun selon le principe : "Chacun donne selon ses moyens et reçoit selon ses besoins".

Évidemment, personne n’est content lorsqu’il a l’impression qu’on lui confisque une partie de ce qu’il a gagné en taxe ou en cotisations sociale. Mais c’est parce qu’on s’est tellement habitué à notre (bon) système, qu’on ne fait plus le rapprochement entre ce qu’on donne et ce qu’on reçoit. C’est encore plus net aux périodes de la vie où, jeune, en bonne santé et avec un travail, on cotise plus qu’on ne reçoit et qu’on refuse de s’imaginer gravement malade, handicapé à la suite d’un accident, ou en retraite.

Il faut donc réaffirmer, réapprendre que l’argent "qu’on nous prend", c’est en fait pour alimenter un système qui nous profite déjà et qui nous profitera sans doute encore plus le jour où on devra faire face à un coup dur.

Diminution des charges ?

Surfant sur cette ignorance et se gardant bien de la combattre, sous la pression des forces de l’argent, on nous fait miroiter un "accroissement du pouvoir d’achat" par diminution des cotisations et des taxes, et on nous fait avaler que le travail est trop cher en France, "à cause des charges".

Cette augmentation du pouvoir d’achat est un trompe-l’œil. À quoi sert-il de donner un peu plus aux individus, si dans le même temps, ils devront payer eux-mêmes des services autrefois gratuits, être moins bien remboursés de leurs frais médicaux, perdre des aides sociales (APL) ?

À chaque fois qu’on diminue les "charges", c’est un peu de solidarité qui disparaît !

La CSG

Rappelons tout d’abord qu’à sa création, la CSG devait être provisoire pour "boucher le trou". Évidemment, comme en même temps, on s’est évertué à le creuser en allégeant les cotisations sociales des entreprises, il ne s’est jamais combler et la CSG est devenue permanente. Tout le monde a bien senti que cette CSG augmentait encore (1,7%).

Le transfert vers un impôt des cotisations versées par l’entreprise est en fait une diminution de salaire. Ce que l’entreprise donnait pour la solidarité, c’est maintenant, le contribuable, donc le travailleur qui le donne. Peu à peu, les entreprises sortent du système de solidarité, sans pour autant donner à ses salariés plus de moyens pour la financer à leur place.

Et pour noircir encore un peu le tableau, en juillet, E. Macron parlait de prendre un peu sur l’augmentation de la CSG pour compenser la perte de taxe d’habitation pour les communes, la détournant ainsi de sa fonction première de financement de la sécu.

Une CASA, mais deux scandales

La Contribution Aditionnelle de Solidarité pour l’Autonomie est prélévée uniquement sur les retraites, pensions d’invalidité et allocations de pré-retraite. En gros, on demande aux vieux de financer eux-mêmes leur perte d’autonomie !

C’est un recul fondamental avec les principes de solidarité intergénérationnelle en vigueur en France. Mais ce n’est pas le seul scandale.

En effet, la CASA est gérée par la CNSA (Caisse National de Solidarité pour l’Autonomie) et en constitue l’essentiel des ressources. Or ces fonds sont constamment détournés depuis longtemps mais en 2018, dans loi de financement de la Sécurité Sociale, une partie de la CASA (89 M€) est détournée de la perte d’autonomie pour le budget général.

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