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CTSD du 7 février

mardi 7 février 2017, par FSU89

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La FSU a voté contre la carte scolaire premier degré proposée par la DASEN.

http://89.snuipp.fr/spip.php?articl...

Voici la déclaration de la FSU lors de ce comité :

Madame l’Inspectrice d’Académie,

Ce CTSD de préparation de la rentrée 2017 s’ouvre sur un constat : d’année en année, les conditions de travail des personnels et d’accueil des élèves dans les établissements publics se dégradent, quoiqu’en disent tous les officiels de l’Éducation Nationale, à commencer par la ministre elle-même. La loi de refondation de l’école d’où sont issues la réforme des rythmes scolaires et celle du collège ont mis à mal l’ensemble du système éducatif public et a ouvert un boulevard au développement de l’enseignement privé, comme l’a montré la note d’information de la DEPP du mois de décembre 2016 : là où les collèges publics perdent plus de 9 250 élèves, les collèges privés en gagnent plus de 6300 et notre département n’échappe pas à ce constat… Une autre enquête, cette fois-ci de la DARES (direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques), publiée le même mois montre que les enseignants sont en moyenne plus touchés par les risques psychosociaux que les autres catégories d’agents publics de même niveau de formation. L’augmentation du nombre de démissions d’enseignants stagiaires ces quatre dernières années en est une illustration. Bien sûr, comme toujours, notre ministère minore les phénomènes qu’il a lui-même contribué à accroitre.

La réforme du collège a effectivement transformé l’Éducation nationale en une mosaïque d’établissements qui l’appliquent de façon disparate, aux dépens des élèves et des personnels enseignants. La FSU continue donc de demander l’abrogation de cette réforme qui met à mal les enseignants sans porter remède aux difficultés des élèves : surcroit de travail dû au changement des programmes à tous les niveaux, effacement de certaines disciplines, réduction du temps d’enseignement et difficultés à traiter le programme, poids des prescriptions qui empêchent une réelle liberté pédagogique, multiplication des réunions, augmentation du nombre de classes à prendre en charge, effectifs trop lourds, impossibilité d’aider vraiment les élèves en difficulté, injonctions contradictoires de l’institution, des inspecteurs et des chefs d’établissement, impréparation patente qui préside à certains dispositifs (parcours, évaluation…), manque de formations réelles engendrent une grande fatigue et une réelle souffrance chez les professeurs.

Le LSUN qui devrait être mis en place pour le deuxième trimestre accroit désarroi et colère des personnels. Non seulement sa mise en œuvre constitue une surcharge de travail en imposant des opérations de saisie fastidieuses mais il restreint aussi leur liberté pédagogique et les oblige à utiliser un outil sans pouvoir en questionner le sens et l’usage dans leurs pratiques professionnelles.
Le nombre de ses items obéit à une vision morcelée des apprentissages et plutôt que de faire état des progrès et évolution des élèves, il attestera de l’obéissance des enseignants aux injonctions institutionnelles. Sous couvert de simplification des tâches, il s’agit d’uniformiser les pratiques pour mieux les contrôler, comme c’est déjà le cas avec l’utilisation des Espaces Numériques de Travail.
Son accessibilité via une application numérique ne garantit pas l’égalité entre les familles : si les outils numériques sont largement répandus, leurs usages restent, en effet, très inégalitaires. Ce sont les familles les plus socialement fragiles et éloignées de l’école qui les maîtrisent le moins bien. Le LSUN va accentuer les inégalités entre les familles qui ont une haute maîtrise des outils numériques et celles qui ne l’ont pas.

Les bulletins reçus par certaines familles lors du 1er trimestre en sont une autre illustration : pas moins de cinq pages totalement inutiles dans un jargon abscons propre à l’Education Nationale, qui nécessitent aussi des impressions en plusieurs couleurs sous peine d’avoir à se demander ce que peuvent bien signifier ces superbes nuances de gris ! Dans certains établissements icaunais, il a fallu prendre sur les crédits pédagogiques pour réaliser ces impressions couleur : quel paradoxe ! Quel gaspillage !
Pour toutes ces raisons, la FSU exige le retour à un bulletin scolaire simple et compréhensible par les parents.

Et que dire de l’épreuve oral du DNB quand face aux parents qui nous interrogent les enseignants ne peuvent répondre qu’on ne sait pas, que l’on ne comprend pas. Quelle image donne-t-on du métier ? Quelle aide apporte-t-on aux élèves lorsque les enseignants ou les chefs d’établissement ne peuvent pas dire exactement comment se déroulera la première épreuve diplômante à la quelle ils se présenteront, alors même qu’elle vaut pour 100 points dans le DNB. Les textes parlent mais la réalité de terrain en est bien loin. Et cela sans même parler de l’Education Physique et Sportive qui disparait de l’évaluation de ce même DNB. On est à l’opposé de « la tête bien faite dans un corps bien fait » de Montaigne.

Parlons maintenant de la préparation de la rentrée prochaine. A effectifs constants, la DHG de chaque collège devrait augmenter automatiquement avec le passage de 2,75 à 3 h des marges horaires à chaque niveau, à part pour les SEGPA qui voient également, comme si cela ne suffisait pas, leur capacité d’accueil départemental diminuer avec la suppression d’une classe à Denfert Rochereau, pourtant SEGPA pilote dans l’inclusion il y a 2 ans !

Mais les prévisions d’effectifs sont en baisse ce qui entraîne des conséquences sur les dotations. Pour autant, les remontées des établissements que nous avons butent le plus souvent sur le même constat : quand il y a baisse de la dotation, cela se traduit le plus souvent par la suppression d’une division et une hausse importante des effectifs dans le niveau correspondant. Et des inquiétudes dans ces établissements : des suppressions de postes à prévoir ? Encore plus de services partagés ? Globalement des dégradations des conditions de travail des enseignants et des élèves et pas la moindre impression que la réforme permet de travailler efficacement avec les élèves et en plus petits groupes. Nous évoquerons pendant la séance un certain nombre de cas mais soulignons dès à présent le cas du collège P Bert qui avec une prévision de 4 élèves supplémentaires voit sa dotation baisser de 23 h ! Il ne fait pas bon sortir de REP … Et toutes les déclarations rassurantes qui assuraient le maintien d’une attention particulière pour cet établissement n’engageaient encore une fois que ceux qui voulaient bien y croire si les choses restaient en l’état !

Evoquons également l’avenir des langues vivantes : celui de l’allemand est toujours très incertain. Que va-t-il advenir des bilangues à moyens terme si la logique de la réforme s’applique jusqu’au bout ? Et quelle diversification des LV dans notre département quand la seule section d’italien a été sur la sellette ?

Le premier degré n’est pas en reste et la campagne du SNUipp-FSU pour le retrait des APC répond notamment à la surcharge de travail et à la dégradation des conditions d’enseignement des instituteurs et professeurs des écoles, comme le prouve également l’augmentation des signalements auprès du CHSCT départemental.
L’an dernier avec une dotation de +4 postes vous aviez décidé de relancer la formation continue, mais dans les faits ces postes de brigades formation continue sont devenus des postes de brigades sans spécificité. Cette année, la dotation de seulement +2 va rendre cette priorité, la formation continue, encore plus compliquée à valoriser.
Les documents de travail indiquent votre volonté de poursuivre et de renforcer la formation continue mais pour la FSU cela ne saurait se faire avec un nombre important de fermetures, on ne retrouve pas non plus pour l’Yonne la volonté ministérielle de relancer l’éducation prioritaire, les disposistifs TPS et PMQC.
De plus en ne nommant pas précisément ces postes de remplaçants « brigade formation continue », vous laissez planer un doute sur l’utilisation de ces personnels. Ce manque de précision ne facilite pas non plus la demande de ces postes au mouvement pour les enseignants qui pourraient être intéressés par ces supports.

Les documents fournis montrent également qu’il existe toujours un déséquilibre de moyens entre le Nord et le Sud du département et la re-sectorisation de SENS ne saurait attendre encore une année, les inscriptions seront provisoires ; les parents comme les enseignants et leurs élèves méritent plus d’attention. On ne peut d’année en année compter sur la bonne volonté des directeurs d’école pour que tout se passe au moins pire ! Plusieurs directions restent vacantes sur Sens, serait-ce le fruit du hasard ?

Concernant les retraits , si ceux-ci devaient se confirmer, ceux notamment envisagés sur les écoles qui accueillent les publics les plus fragiles, seraient un très mauvais signe, au moment même du séminaire « la pauvreté une fatalité ? Réussir ensemble une réalité dans l’Yonne » alors que nous apprenons également que le président du conseil départemental, veut fermer une maison d’enfants à caractère social dans notre département.

Enfin la FSU trouve exagérée , pour ne pas dire incongrue, la dénomination renforcement des RASED en ne proposant qu’un poste alors que ces réseaux mériteraient une relance et donc un renforcement digne de ce nom !

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